MONTRÉAL - SCREW YOU, LE SCREW
Collaborateur au Bang Bang, Ed. Hardcore sévit aussi sur le web depuis quelques années déjà, soit par l'entremise de son blogue-hommage à légère tendance mégalomane les Hardcorettes, ou encore avec son Blogue pour la femme au foyer en prison. On aime vraiment le monsieur, alors on est très contents de ploguer son premier romanxploitation, Prison de Poupées, qui est une incursion misogyne dans son imagination sauvage. Des pages tachées de sang menstruel, tout ça passé à travers le joual si particulier d'Édouard. Si vous êtes game, vous pouvez même lire quelques extraits choisis ici. Comme dirait Ed, "cœur sensible, prépare ton barf bag."
VICE : Dans la littérature québécoise, il
n'existe pas de tradition de "romancier", comme en France ou aux
États-Unis avec les écrivains de "genre". Crois-tu que le
public est prêt pour le coup de poing dans face que tu t'apprêtes à lui
administrer ?
Ed: J’en sais fuckin rien à part que
personne est vraiment ready à orcevoir un coup de poing dans face — sauf les
fighters pros. Ce qui m’inquiète le plus, en bon égoïste que chuis, c’est les
taloches que je risque de me ramasser sur la gueule, dans l’estomac pis dins
couilles. Aligner plus de cent pages de torture à l’endroit des femmes dans un
français de la rue, c’est s’attirer des bosses. Cependant, il y a nuance:
chuis inquiet, mais j’ai pas peur.
Quelle genre d'éducation culturelle
t'a amené à t'intéresser au concept de la prison de femmes, exploité
cinématographiquement dans les années 1970 et 1980, mais guère populaire de nos
jours ?
C’est effectivement du cinéma b-movie
que me vient cet intérêt particulier, voire total déviant. Prison de poupées est un hommage à des
films comme Women In Cellblock 9, Bare Behind Bars pis Ilsa, She-Wolf Of The SS, entr’autres.
Depuis trois ans que je me rince avec des w.i.p. pis des nazixploitations — des
films d’une misogynie excessive, quasiment surréaliste —, j’en ai étudié les
mécanismes précis pour cracher ce roman. Aussi, il y a une dose du film de
monstre pour une partie de l’histoire; le monstre qui se terre, qui rôde, ready
à te sauter à gorge.
Tu as un(e) "héros"
littéraire ?
Le commissaire San-Antonio, créé par
Frédéric Dard, me fait pas mal d’effet. Sa façon de raconter ses aventures
m’influence grandement, c’est clair. Mais mon héros, le best, c’est l’ultra
mâle alpha de la littérature: son partner Bérurier. Quel homme !
Avec l'arrivée de Coups de Tête sur le marché de l'édition, une
vague de livres trash envahit progressivement les étagères de nos
librairies. Crois-tu que le public va suivre ?
Encore une fois, il s’agit d’une question à laquelle il m’est difficile
de répondre. Je me pose pas en
observateur du lectorat québécois, mais bien en tant qu’écrivain trash,
tout simplement. J’ai écrit le genre d’histoire que j’aurais aimé lire,
je me suis payé la traite. J’espère évidemment trouver mon lectorat,
sinon c’est un retour à shop qui m’attend, pis cette perspective
m’allume pas trop trop.
As-tu déjà fait du temps ?
J’ai déjà été privé de dessert.
Tu es un auteur controversé.
T'attends-tu à des réactions viscérales de la part d'un certain type de
lectorat ?
Je vas probablement faire friser le poil de certaines madames. Pis il y
a peut-être queques écrivains qui se trouveront sur mon chemin pour me
dire que j’ai pas d’affaires à me prétendre littérature, mais c’est pas
ça qui va m’empêcher de dormir, oh no.
T'as travaillé combien de temps à Prison de Poupées. Tu prépares déjà son
successeur ?
J’ai cogité là-dessus queques années,
mais la rédaction en tant que telle m’a pris six mois à peu près. La première
draft de mon deuxième roman — "Brûle en
Enfer, Ed.Hardcore" est terminée, j’en suis à la révision. Je compte
ormettre ma copie à Vézina d’ici la fin février. Sinon, je sais déjà que mon
troisième roman débutera deux heures après la fin de "Prison de poupées" pis j’ai des projets de romans jeunesse parce
que j’ai envie que mes kids me lisent avant d’avoir dix-huit ans.
PIERRE-ALEXANDRE BUISSON
Prison de poupées sera en librairie le 29 janvier et le lancement se tiendra à l'Esco le 1er février prochain, à 17h
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