Au Divan Orange, rue Saint-Laurent, un dimanche soir. La foule est dense et allumée, le toupet se porte graissé et le cuir est de rigueur; c'est une orgie rockabilly qui se trame ici... Bloodshot Bill ouvre le bal. Deux grosses semaines avant le «scandale» (sic) de sa présence à la fête nationale du KKKébec, c'est avec son nouveau band que la bête se présente pour garrocher, en sueur et en forme, ses tounes sales à un public encore et toujours exalté. Bloodshot Bill, c'est indéniablement notre Link Wray, notre Charlie Feathers, et bon, même si on a un peu de peine pour lui de le voir barré aux States depuis une mésaventure récente, on est un peu secrètement contents de l'avoir juste pour nous autres.
Avec une machine de rock aussi puissante dans la manche, Montréal ne peut vraiment pas dormir tranquille; et maintenant qu'il ne donne plus 250 concerts par an, on a un peu de temps pour l'attendre et l'apprécier. En ouvrant le show, il met le feu à la salle et je ne peux m'empêcher de me dire que la barre va être très haute pour ceux qui suivent.
Skip Jensen relève pourtant le défi avec aplomb, entouré de son nouveau band (c'est la mort des one man band, on dirait), qui donne de l'ampleur à ses compositions roots-blues / garage-punk. L'ancien Demon's Claw est en voix et les nombreux spectacles de la formation quand même toute neuve ont «rodé» sa présence sur scène; parfois un peu lunatique, il est ce soir très intense et on sent une belle dégaine de swompe texane fantomatique grimper dans le public pendant son set. Quelques accrocs techniques s'en mêlent, juste assez pour que tout le monde réalise à quel point ce band-là est relax et à l'aise, et on se remet à danser en attendant le vieux de la vieille, Gérard Van Herk, accompagné, surprise, par le même Bloodshot Bill au drum. Van Herk est un drôle de bonhomme; prof de linguistique à la Memorial University of Newfoundland, l'ex-Déjà-Voodoo (une formation garage culte montréalaise des années 80) effectue un retour en ville très réussi. Il livre ses bombes dansantes avec énergie et une bonne humeur contagieuse, et a l'air de vraiment apprécier la réaction de la foule qui se souvient des paroles... Bon, c'est sûr que comme pour les Voodoos, on ne peut pas ignorer à quel point le son est proche des Cramps (dont il reprend d'ailleurs une toune dédiée à Lux Interior, décédé récemment), mais qui peut vraiment avoir un problème avec ça, hein?
JP TREMBLAY
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Rédigé par: jp tremblay | 06/07/2009 à 21:19